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Bicyclette et Tandem

In Sports on 5 June 2011 at 20:41

Extrait tiré du livre Convenances et Bonnes manières: le code moderne du savoir-vivre publié par Berthe Bernage aux Éditions Gauthier Languereau. 5e édition. Paris. 1953.

La bicyclette, employée journellement par une foule d’hommes et de femmes se rendant à leur travail, donne aux villégiatures un caractère bien agréable. Grâce à elle, on peut élargir le champ de ses promenades, faire sans rien dépenser d’assez lointaines excursions, et se ravitailler sans fatigue si l’on habite loin d’un village ou d’une ferme.

Pour monter à bicyclette, les femmes ont une jupe mi-longue en lainage, ample, le sac en bandoulière. Le short n’est pas gracieux, et pas toujours correct. La jupe-culotte est très commode, mais elle n’est jolie que taillée par le bon faiseur.

Le tandem, ou vélo à deux places, permet aux jeunes époux des randonnées lointaines, moins fatigantes pour la femme. En général, ils assortissent leurs vêtements, portant par exemple l’un et l’autre un pull-over ou chandail de la même couleur.

Le vélo-moteur est plutôt un petit véhicule pour les occupations professionnelles que pour les promenades d’agrément. Il permet d’aller loin et vite. Mais pour les femmes, il est parfois fatigant et dangereux, à cause des secousses et de son peu de stabilité.

Grace Kelly (une autre préférée de Thérèse), en 1953

Thérèse

In Non classé on 5 June 2011 at 20:12

Je dédie cette prochaine série de billets à une dénommée Thérèse, une femme qui, si on peut se baser sur sa collection littéraire, était éternellement à la quête du secret pour plaire aux hommes. J’ai acheté aujourd’hui, sur le Chemin du Roy pas loin de Trois-Rivières, une cinquantaine de ses livres à la vente de sa succession: livres de bienséance, de beauté, de bien-être et de séduction. Également présents, mais peut-être trop rares et certainement beaucoup mois nombreux, des livres signés Casgrain, Greer et Beauvoir.

En espérant que Thérèse puisse maintenant, enfin, reposer en paix, je me ferai un plaisir de vous présenter extraits de cette collection fascinante, enjambant près de cinq décennies, de conseils destinés aux femmes jeunes et mures.

Jacqueline Kennedy, une femme admirée de toute évidence par Thérèse

Hystérie: ce qu’il faut faire

In Santé on 23 May 2011 at 10:46

Extrait tiré de l’édition canadienne du Nouveau guide de la santé publié par Docteur Hubert Swartout. 6e édition. Brookfield, Illinois. 1954.

La tendance à l’hystérie est héréditaire, elle est intensifiée par une mauvaise éducation pendant les premières années de la vie de l’enfant. A la base de cet état il y a une instabilité du système nerveux, de mauvaise habitudes d’hygiène, le surmenage au moment des examens et une attention excessive donnée au développement d’un esprit sensible dans un corps délicat. Toutes ces causes peuvent préparer le terrain à l’hystérie. Entre douze et vingt ans les jeunes filles sont particulièrement exposées à ce mal. Un état de faiblesse physique extrême, une maladie sérieuse, une blessure, quelque désordre de la menstruation, les ennuis, les soucis, les chagrins d’amour, sont des causes souvent déterminantes de ce mal.

"The power of a woman" Marilyn Monroe, Corée, 1954.


Le premier homme et la première femme

In Mariage on 22 May 2011 at 10:54

Extrait tiré du livre La chaste adolescence publié par S. Exc. Mgr Tihamer Toth, Évêque de Voszprém et traduit par l’abbé Marcel Grandclaudon. 8e édition. Mulhouse (Haut-Rhin). 1947.

La marque caractéristique de l’homme c’est le travail créateur qui réclame du courage et de l’activité. Sa volonté est forte, son caractère ferme, persévérant dans ses résolutions. Il est rempli de joie, quand il peut braver victorieusement d’un front dur comme le granit les mille orages du combat de la vie.

La femme serait écrasée par la lutte continuelle pour la vie. Le terrain le meilleur pour elle c’est le doux nid de la famille, où avec un amour inépuisable et un dévouement incessant elle soigne son foyer, ses enfants et déride d’un sourire les traits sévères de son époux rentrant d’un travail pénible. Sa force créatrice n’est pas aussi élevée que celle de l’homme, mais sa patience et sa persévérance sont plus grandes.

Dieu a réalisé pour l’humanité le plus bel idéal en créant deux sexes. Il a fondé le charme inépuisable de la vie familiale, l’amour de l’époux et des enfants et même en partie l’amour du pays sur la différence des sexes.

Il faut donc dans le monde l’homme et la femme. Il faut la force de l’homme à côté de la tendresse de la femme. Il faut l’énergie ardente de l’homme à côté de l’amour, de la beauté et de la sensibilité plus profonde de la femme. Les deux sexes sont inséparablement faits l’un pour l’autre. C’est pourquoi le Créateur a placé la première femme à côté du premier homme et c’est pourquoi Il a fondé dès le commencement de l’humanité la première famille.

La princesse Elizabeth et Philip Mountbatten, prince de Grèce et de Danemark, 1947




La femme libre et l’amour

In Moeurs on 15 May 2011 at 12:13

Extrait tiré du livre “Connaissance de l’amour” publié par Marcelle Auclair. Paris. 1960.

Nous en connaissons tous, des femmes qui, pourvues d’une situation indépendante, sont aussi indépendantes dans l’amour et multiplient les aventures, comme l’homme.

Il n’y aura aucune raison valable à leur opposer, tant que la société n’imposera à l’homme aucune restriction. Les raisons morales qu’on pourrait faire valoir ne sont pas plus fortes en ce qui les concerne que pour leurs partenaires masculins.

Les «conséquences», ou, pour les appeler par leur nom, les enfants? Elles les «évitent», ou les élèvent; et là, elles acquièrent une dignité que l’homme n’a pas, lui qui, neuf fois sur dix, refuse de s’intéresser au produit de ses amours autrement qu’en prenant la fuite.

Sont-elles heureuses? Le bonheur de ces «Don Juanes» est affaire de caractère; elles peuvent éprouver un simili-bonheur dans la mesure où elles sont inconscientes, futiles, et jusqu’au jour où il ne leur reste de leur jeunesse qu’un vif regret. La femme qui a atteint une situation où elle jouit à la fois de prestige et d’argent finira par acheter l’amour au prix de ce prestige et de cet argent, tout comme l’homme mûr. Et ça n’est pas très gai. Et ça n’est pas très brillant. Ne leur déplaise. Car toutes celles que j’ai connues dans ce cas-là mettaient leur orgueil à ne pas reconnaître qu’en fait, comme je l’ai déjà dit, être une femme libre, c’est être une femme seule.

Bob Harvest, L’élan Gymnique, France 1960


La profession, rivale de la femme?

In Mariage, Profession on 6 May 2011 at 18:34

Extrait tiré du livre De la pérennité du couple: le savoir-faire en amour et la technique sexuelle publié par le Docteur Darlambach. Genève. 1979.

La plupart des femmes au foyen s’en plaignent amèrement. Elles accusent la profession de leur mari d’absorber trop de temps ou trop d’attentions à leur détriment, d’être un domaine réservé à lui seul, une sorte de chasse gardée. «Il n’y a que son métier qui compte; – il me dit jamais rien de son travail; – il est toujours ailleurs … etc.» ou au contraire «Mon mari ne pense qu’aux affaires; – il ne parle que de son métier; – il travaille tard le soir et délaisse notre seul moment de détente … etc.» La profession de l’homme serait-elle donc une dangereuse rivale pour le femme? Non, si la femme sait ou apprend que, lorsqu’on épouse un homme, il faut aussi épouser son métier. Comprenez votre mari: il ne peut réserver au travail le tiers de sa vie ou plus en donnant le meilleur de lui-même et s’en défaire totalement en passant le seuil de son foyer. Beaucoup de femmes rendent la vie pénible à leur mari en n’acceptant pas les servitudes de sa profession.

Clair de femme, 1979


L’Abbé Perrin appuyant le droit de vote des femmes du Québec

In Statut légal on 2 May 2011 at 20:06

Lettre de l’abbé Perrin appuyant le droit de vote des femmes du Québec. La Semaine religieuse de Montréal, 19 décembre 1921, pp. 386-389.

Montréal, le 9 décembre 1921

M. l’abbé ELIE-J. AUCLAIR,
directeur de la Semaine religieuse.

Cher monsieur Auclair,

JE vous serais reconnaissant si vous vouliez bien insérer dans la Semaine religieuse et dans la Revue canadienne les remarques suivantes.

Dans la question du suffrage féminin, il y a trois choses à distinguer avec soin : 1. Une question de principe 2. Une question de fait 3. Une question d’opportunité.

1. Question de principe. – En ce qui regarde la première, il me semble qu’elle se pose ainsi. Les femmes ont-elles droit au vote ? Cette question est controversée. J’ai enseigné, parce que je crois que c’est la vérité, que dans le système de démocratie actuelle, basée sur le suffrage, la femme comme l’homme a droit au suffrage ; que, mariée ou non mariée, elle soutient les charges de l’Etat ; qu’elle a de grands et de mul­tiples intérêts à défendre ; que la priver du droit de vote c’est lui enlever son moyen le plus puissant de défense; que la femme est une personne et. que comme telle elle jouit de l’inviolabilité en ce qui concerne la pensée politique aussi bien que lorsqu’il s’agit de morale et de religion ; qu’en l’excluant des comices électorales, il n’est pas vrai de dire, selon l’axiome démocratique, que la loi qu’elle ne fait pas est l’expression de la volonté générale et que le gouvernement qu’elle ne consent pas est la représentation légitime des gouvernés, etc.

Au moyen âge, les femmes participaient aux élections aux communes et même aux états-généraux, sous l’oeil bienveillant de l’Église, et les actes dans lesquels elles sont intervenues sont sages et universellement réputés tels ; elles ont voté sans nuire à l’accomplissement de leurs devoirs. La résurrection du droit romain avec la Renaissance, puis la Réforme, et l’enseignement répété de Luther ont limité les droits électoraux de la femme; c’est la sauvagerie et la dureté des moeurs révolution­naires qui ont achevé l’abolition des droits des femmes dans la vie publique. Dans les temps modernes, le mouvement féministe a repris et, dans tous les pays civilisés du monde, excepté en France et en Suisse, les droits électoraux leur ont été rendus.

Est-ce que la participation des femmes à la vie publique a entraîné les perturbations domestiques que l’on redoute tant? Au témoignage de nombreux publicistes qui ont suivi attentivement le mouvement social en Europe, en Asie, en Amérique, non, ni dans le passé, ni dans le présent.

Voilà ce que j’ai soutenu sur la question de principe, appuyé sur de graves autorités ecclésiastiques et laïques. Libre à d’autres de soutenir la thèse contraire. La question est ouverte.

2. Question de fait. — J’ai aussi dit publiquement que le suffrage féminin est un bien pour la société et c’est ce point surtout qui a été mal vu d’un grand nombre. Pourtant, le nier serait se montrer singulièrement étranger à l’histoire sociale contemporaine. Il suffit de jeter un coup d’oeil, même superficiel, sur la législation sociale des pays où fonctionne le suffrage féminin pour se convaincre qu’il a été la cause d’un grand nombre de mesures éminemment utiles à la société. Ici surtout les témoignages abondent. Aucun publiciste n’est reçu à les ignorer.

Le cardinal Vaughan, en Angleterre, acquiesçait formellement à la coopération des femmes aux affaires publiques ; Mgr Ireland, dans un discours public disait « qu’il ne faut pas désespérer du monde si les femmes obtiennent le droit de suffrage »; le Saint-Père actuellement régnant a dit « qu’il désirait voir des femmes électrices partout ».

Ces paroles supposent évidemment que le vote féminin n’est pas un mal social. Pour combattre le suffrage accordé à la femme, ce n’est pas au point de vue social qu’il faut se placer, mais au point de vue des principes, du droit naturel ; là, chacun est libre et la dispute serait sans fin.

3. Question d’opportunité. — Enfin la troisième question est celle d’opportunité à laquelle je n’ai touché ni de près ni de loin. Est-il opportun pour les femmes canadiennes et catholiques de se préoccuper des questions politiques actuellement ? La seule autorité compétente pour répondre à cette question est celle de Nos Seigneurs les évêques qui ont charge de nous diriger et à laquelle il nous est doux et facile de nous soumet­tre sachant le lourd fardeau qu’ils ont quelquefois à porter et les angoisses qui souvent accablent leurs âmes.

Agréez, cher monsieur Auclair, l’expression de mon amitié,

L. PERRIN, p. s. s.

Équipe de hockey du groupe d'éducation physique, Montréal, QC, 1921 Wm. Notman & Son

Le Corset

In Mode on 27 April 2011 at 07:28

Extrait tiré de la revue Les Veillées des chaumières no. 94 publiée par les Éditions Gautier-Languereau. Article signé Comtesse de Bersac. Paris. 23 septembre 1933.

Choses utiles

Les robes sont très ajustées sur les hanches et se porteront ainsi toute la saison prochaine. Cette mode est ravissante, mais elle demande une ligne impeccable et par conséquent un corset très étudié, d’une coupe rationnelle, tout en laissant au corps sa souplesse. Qualités difficiles à rassembler? Non pas si vous demandez le Catalogue no. 1 du Corset Pâquerette, 11, boulevard Sébastopol, Paris, (2e). Vous y trouverez des modèles parfaits capables de satisfaire les plus difficiles. Vous y trouverez aussi les marques les plus cotées de corsets de maintien dorsal ou abdominal pour fillettes, femmes ou jeunes filles. Les modèles courants pour enfants et pour mamans, jeunes ou âgées, y figurent également. Les prix vous surprendront très agréablement.

Le Corset, 1933 - Brassaï, photographe



Choses utiles: nouvelle machine à laver le linge

In Tâches domestiques on 26 April 2011 at 18:33

Extrait tiré de la revue Les Veillées des chaumières no. 59 publiée par les Éditions Gautier-Languereau. Article signé C de B. Paris. 23 mai 1928.

Choses utiles

Je n’ai pas besoin de vous dire, chères lectrices, combien il est économique, à tous points de vue, de faire la lessive chez soi. Or, aujourd’hui, on peut la faire d’une façon parfaite et complète, même dans une simple cuisine, et sans l’aide d’aucune femme de journée, au moyen d’une nouvelle machine à laver de linge. La Machine «Scim», dont le fonctionnement est si facile qu’un enfant à lui seul peut l’actionner. En une demi-journée, une lessive très importante est achevée, le linge étant nettoyé à fond et désinfecté, sans l’emploi de produits chimiques qui le brûlent. La Machine «Scim» convient aux ménages les plus modestes: de construction très robuste, elle est pour ainsi dire inusable, et c’est indiscutablement le plus pratique des appareils de ce genre; c’est aussi le moins cher, d’autant plus qu’une remise de 15 p. 100 est faite aux lectrices des Veillées des Chaumières. Écrivez à la Société «Scim», 85, boulevard de Levallois, à Neuilly-sur-Seine (seine), téléphone: Neuilly 9-85, en demandant la notice O. Je suis persuadée que vous voudrez faire l’acquisition de cette machine.


Laveuse/secheuse Protos Turbowascher de Siemens, 1928.



S’entraider?

In Mariage on 25 April 2011 at 11:48

Extrait tiré du livre De la pérennité du couple: le savoir-faire en amour et la technique sexuelle publié par le Docteur Darlambach. Genève. 1979.

S’entraider?

Le mari doit-il ou non prendre part aux travaux de ménage? Si cette question touche moins les couples dont la situation de fortune ou le revenu permet de garder du personnel domestique ou d’utiliser les services d’une femme de ménage à temps complet, est-elle toutefois résolue d’emblée dans les foyers où les deux conjoints travaillent à l’extérieur? Oui et non.

Oui, si la femme pense pouvoir compter sur la bonne volonté et les aptitudes du mari pour ce genre de travaux.

Non, si le mari considère le fait d’accomplir ces tâches comme une atteinte à son honneur d’homme ou à sa situation privilégiée de mâle.

Oui, si le mari est convaincu que l’association qu’implique le mariage doit s’appliquer à tous les domaines de la vie courante.

Non, si le mari est encore imbu des anciennes conceptions selon lesquelles les travaux du ménage sont du seul ressort de l’épouse.

Oui, si la collaboration du mari repose sur le sentiment de liberté dont témoignent les nouvelles générations à l’égard de toutes les choses de la vie: dans la profession, le sport ou les loisirs comme en politique, en religion ou en amour.

Non, si le mari, pour des raisons qu’il défend d’autant plus vigoureusement qu’elles sont indéfendables, refuse par principe toute participation aux travaux ménagers.

Il va sans dire que, dans tous les cas de non, rien n’empêche la femme d’user de patience envers son mari et de la convaincre petit à petit qu’il serait temps de reviser ses vieux préjugés, de modifier son attitude et d’offrir son aide précieuse!

A kissing couple at the Grand Central stop on the Lexington Avenue line. New York Times. 1979