michellesullivan

La modestie

In Moeurs on 5 October 2011 at 15:17

Extrait tiré du livre Simples conseils pour jeunes filles sur les petites vertus et petits défauts particuliers à leur âge publié par A.B. Paris. 1877.

Le front couvert d’un voile et le regard baissé,
Sans montrer, sans cacher son front pur et céleste,
Noblement recueillie en sa vertu modeste,
Elle marche en silence.

– Baour-Lormian.

En quoi consiste la modestie?

Dans une grande retenue sur la manière de penser et de parler de soi-même, dans une surveillance sévère et scrupuleuse de nos défauts, pour nous empêcher de nous enorgueillir de nos qualités.

L’enfant vraiment modeste n’étale point ses mérites, elle ne cherche point avec un empressement inquiet l’occasion de les faire valoir en vue des louanges et des applaudissements; elle accepte néanmoins les justes félicitations pour un acte de vertu, mais eu ayant soin de les rapporter à Dieu.

(…)

Fruits de la modestie par rapport aux autres.

1° Elle dispose le prochain à l’indulgence pour vos défauts et vos imperfections : on accorde volontiers une louange méritée aux jeunes filles qui ne paraissent ni la rechercher, ni l’exiger, comme l’on pardonne facilement à celles qui, par l’expression de leurs regards, par le maintien général de leur corps, ne donnent jamais lieu de croire qu’elles prétendent aux hommages ni même aux simples attentions d’autrui.

2° Elle désarme la jalousie, si prompte à prendre ombrage des dons naturels et des vertus qui lui manquent à elle-même et l’irritent, à première vue, dans les personnes à qui Dieu les accorde.

3° Elle vous fait aimer même de compagnes dont la conduite ne ressemble pas à la vôtre, mais qui ne surprennent pas en vous l’envie de vous poser en modèle vivant, en contraste perpétuel avec elles, en protestation: Cela arrive trop souvent aux jeunes filles dont l’air hautain, dont la démarche fière et le ton arrogant signifient : « admirez-moi, imitez-moi; je suis la vertu incarnée, de la plante des pieds au sommet de la tête.»

4° Elle vous préserve de beaucoup de ces rivalités journalières, de ces contestations, de ces piques, etc., sans grande importance en elles-mêmes , mais qui, par leur fréquence, deviennent un sujet de trouble et d’ennui.

5° Elle vous rend indulgentes pour vos compagnes.

6° Elle vous empêche d’être ridiculement exigeante, de vous croire blessée au vif par la plus légère impolitesse, par le plus petit manque de bienveillance. Puisque vous avez le bon esprit de ne pas demander, de ne pas même désirer la première place au jeu, dans les rangs, etc., peu vous importe qu’une autre l’occupe.

7° Elle est la base de toute vraie civilité. Une jeune fille modeste peut ignorer les usages du monde, et ne pas savoir au juste comment il faut placer son couvert à table, etc., etc.; mais je vous assure qu’on lui pardonne facilement son ignorance en ces matières, eu égard à son maintien, à son aimable simplicité.

(…)

Pratique de la modestie.

1° Etudiez-vous, autant que vous pourrez, à n’avoir rien de hardi dans le regard ni dans l’expression générale du visage; que votre air soit à la fois recueilli, doux et affable. Tâchez de vous montrer ainsi avec vos supérieurs, parce que vous leur devez le respect; avec vos égaux, parce que vous leur devez le bon exemple; quand vous êtes seule, parce que Dieu vous voit.

Ne soyez pas modeste en vue de plaire au prochain, ce serait une vanité déguisée, mais pour plaire à Jésus-Christ.

2° La modestie vous oblige à ne pas chercher d’autres ornements que ceux que la bienséance permet. « Ne vous glorifiez pas de votre habit, dit le sage… c’est ridicule.»

Evitez les nouvelles modes qui offensent la pudeur, soit dans vous, soit dans ceux qui vous voient.

3° Soyez bien aise d’être avertie quand vous faites involontairement quelque action contraire à la modestie, etc.

4° Si vous entendez blâmer un manque de modestie dans vos compagnes, remarquez-le pour vous en garder.

5° Ne fréquentez pas les personnes mal réglées dans leur extérieur.

6° Ne cherchez pas à montrer votre esprit, si vous en avez; surtout ne vous en servez pas aux dépens d’autrui.

7° Dérobez-vous aux félicitations même justes.

Religieuses de l'Hôtel Dieu, Québec, 1877.

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