michellesullivan

Causes de la prostitution tenant à la situation particulière de la famille

In Moeurs on 26 September 2011 at 07:24

Extrait tiré du livre La Prostitution clandestine à Paris publié par le Docteur O. Commenge. Paris. 1904.

La jeune fille qui vit dans un milieu honnête, qui n’a sous les yeux que l’exemple du travail régulier et de la moralité la plus grande, a toutes les chances de rester vertueuse, à moins de circonstances extraordinaires. Si on vit dans une famille d’honnêtes gens, on s’imprègne du milieu dans lequel on est élevé; on a le sentiment de la pudeur et de la dignité personnelle. La mère de famille, jalouse d’inculquer de bons sentiments à ses enfants, saura éloigner de sa fille les causes  de dépravation que l’on rencontre si souvent dans les grandes villes

(…)

Dans les cas de remariage, comme dans les cas de concubinage, l’existence de la jeune fille subira un contre-coup funeste.

Lorsque le père est remarié, la marâtre n’est pas toujours tendre pour l’enfant de son mari. La pauvre fille, souvent rudoyée, accablée de besogne, mal nourrie, quelquefois battue, se lasse insensiblement de la situation qui lui est faite; elle quitte le toit paternel pour chercher ailleurs plus de tendresse; mais, trop souvent, elle est réduite, manquant de ressources, à se livrer à la prostitution. Si le père vit en concubinage, il arrivera, presque toujours, que sa maîtresse sera encore plus mauvaise pour la jeune fille qu’une marâtre; le séjour à la maison paternelle devient intolérable et, pour échapper aux mauvais traitements, la jeune fille disparaît; elle devient une recrue de la prostitution clandestine.

Si la mère est remariée ou si elle vit en concubinage, la situation de la jeune fille est encore plus triste. Bien souvent le mari ou l’amant de la mère sollicite les faveurs de la jeune fille; elle est l’objet d’obsessions constantes ou de sévices lorsqu’elle repousse les avances qui lui sont faites; elle est témoin des discussions violentes qui se produisent entre sa mère et le nouveau mari ou l’amant et, lorsque la réconciliation se fait, elle assiste à des scènes d’un réalisme cynique, peu propres à élever ses sentiments; progressivement son esprit se pervertit, elle perd toute notion de pudeur et d’honnêteté; elle quitte sans regret le domicile maternel et se lance dans la prostitution clandestine.

Famille Gordon et Lizzie McIvor, Saskatchewan, 1904

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