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Archives de la catégorie ‘Mariage’

Madame et le bonheur: la politique de la vie

Dans Mariage, Moeurs, Profession le 5 juillet 2012 à 21:00

Extrait du livre Madame et le bonheur publié par Christiane Collange. Montréal, Paris, 1972. De la collection de Thérèse.

Une amie journaliste me raconte que sa fille de vingt ans est fiancé avec un délicieux garçon. Moi, de la féliciter. «Je ne suis pas enthousiaste, me confie-t-elle, son fiancé est apparemment charmant, il l’adore, elle l’adore, tout serait parfait, mais il  veut absolument qu’elle s’arrête de travailler pour s’occuper de son ménage. Je suis inquiète.» Cinq ans plus tard, je la rencontre et lui demande des nouvelles de sa fille. «Elle divorce. Tout a été mal depuis le jour de leur mariage. De mal en pis. Disputes continuelles — pour rien, pour tout; j’ai cru que ça s’arrangerait. Non… Ma fille a décidé de le quitter; un beau matin, je l’ai vue revenir à la maison. Quand je lui ai demandé ce qui s’était passé, elle m’a dit: «Rien de tres grave, nous ne pouvions simplement pas du tout vivre ensemble.»

Je m’en suis voulu rétrospectivement de mon silence. Mon instinct avait été de crier «casse-cou» au moment des fiançailles. Un jeune homme de 23 ans qui interdit à la femme qu’il aime de garder le contact avec un univers professionnel qui l’intéresse et l’enrichit est un dangereux personnage. On pourrait prendre cette attitude pour une preuve d’intérêt et d’amour. Ne s’agit-il pas plutôt d’une ingérence tout à fait injustifiée dans une vie régie en principe par les droits de la femme et de la citoyenne. Est-ce vraiment la tendresse qui parle, n’est-ce pas plutôt une certaine façon de sacrifier l’individu à l’intérêt supérieur de la nation. Quand on commence dans cette voie, jusqu’où va-t-on? Mais j’aurais eu l’air d’une suffragette, si j’avais émis ces jugements politiques, on m’aurait surement opposé l’argument imparable, irréfutable: «Mais ils s’aiment.»

«Ils s’aiment». Et alors? Peut-on espérer bâtir toute une vie, régler tous les conflits, supporter le meilleur et le pire au seul nom de l’amour? Surement pas. Sans amour, mieux vaut ne pas tenter l’aventure, aucun combat ne peut se passer d’un idéal. Mais avec amour, on ne met pas pour autant toutes les chances de son côté! Si l’amour est une condition nécessaire, rien ne prouve qu’il soit une condition suffisante. La preuve? Mais la constante augmentation des divorces. Je crois qu’aucun jeune couple aujourd’hui ne se présente devant Monsieur le Maire sans une petite flamme ou un grand feu au coeur. La conception du mariage raisonnable avait ses défenseurs aux siècles précédents, aujourd’hui, cela ne fait plus partie des moeurs. Cela n’empêche pas ensuite ces porteurs du feu sacré de s’entre-déchirer et de se séparer une fois sur dix selon les statistiques officielles.

Trois générations: la femme, sa belle soeur, sa belle-mère et sa fille. Chicago. Novembre 1972.

C’est vous qui devrez changer

Dans Amour, Mariage le 2 juin 2012 à 16:15

Extrait tiré du livre “Connaissance de l’amour” publié par Marcelle Auclair. Paris. 1960.

L’homme de quarante à cinquante ans peut avoir l’air très jeune physiquement, il ne changera pas sa maniere de vivre. Une jeune femme a tout obtenu d’un mari de vingt-trois ans plus âgé qu’elle, sauf de passer un dimanche ailleurs qu’à la campagne par n’importe quel temps — et de jouer de disques de jazz dont elle raffole, et qu’il déteste. Elle a dû céder. Elle en conçoit une amertume déraisonnable.

Déraisonnable, car ne vous faites aucune illusion: il ne changera pas, c’est vous qui devrez changer. Vous imaginez-vous qu’un homme plus âgé vous traitera en enfant gâtée, que vous serez comblée, choyée? Peut-être. Mais à la condition expresse de vous plier à ses habitudes, devenues souvent des manies, de modeler votre personnalité sur sa personnalité à lui, vos goûts sur ses goûts à lui. On dit d’un homme mûr qu’il est «un homme fait». L’expression est juste. Il ne vous a pas attendue pour être ce qu’il est. Il le restera, soyez-en sûre. Or, vous êtes à faire, ou à fignoler … Reste à savoir si vous êtes vraiment capable de devenir la femme qu’il souhaite avoir à ses côtés.

Édouard Michaut et Louise Lockhart à Alger en 1960

Madame: soyez gentille, mais jamais servile

Dans Mariage le 12 mai 2012 à 17:32

Extrait tiré du livre “Connaissance de l’amour” publié par Marcelle Auclair. Paris. 1960.

Une femme doit tout faire pour donner à son mari un foyer agréable, non pas agréable à sa manière à elle, mais à sa manière a lui. Aime-t-il recevoir? Mettez-vous en quatre pour le faire, même si cela vous donne beaucoup de mal, même si vous n’aimez pas énormement ce continuel va-et-vient. Prefère-t-il la vie de famille, le tête-à-tête et, après une journée d’affaires mouvementée, un peu de solitude et de silence? Organisez votre existence de manière à lui donner des heures de paix. Dites-vous que, lorsqu’on parle d’un "attachement", ce mot n’est pas seulement une figure de rhétorique. Mais sachez aussi que cet attachement ne provient pas d’une seule grosse corde jetée une fois pour toutes autour du cou d’un pauvre homme. L’attachement est fait de mille liens dont chacun est fragile, mais dont l’ensemble forme un filet d’une extraordinaire solidité: chacune des attentions dont vous entourez votre mari devient une habitude, un besoin.

Si vous l’aimez, si vous tenez à lui, ne vous plaignez pas de ce qu’il lui soit impossible de faire sa valise tout seul, et de ce que le tabac de sa pipe n’ait pas le même goût lorsque ce n’est pas vous qui le lui avez mis sous la main. Ce sont, pour vous, de menues servitudes, mais ce n’est qu’en étant soi-meme fidelement attachée que l’on s’attache un être.

Soyez gentille, aussi gentille que possible. Soyez aux petits soins pour lui, faites-lui ses plats préférés, veillez à ce qu’il n’ait pas à chercher ses lames de rasoir, ne mettez pas ce que vous appelez de l’ordre sur son bureau, souhaitez-lui sa fête et son anniversaire, ne le faites pas attendre lorque vous sortez ensemble, ne l’ennuyez pas avec vos histoires menagères, passionnez-vous avez lui pour la mécanique, et n’achetez pas ses cravates.

Soyez gentille, mais jamais servile. Il y a une nuance. Qu’il sente bien que vous êtes ainsi parce que vous le voulez. Mais tout change à partir de l’instant où il se met à exiger ce que vous faites de bon gré. Ne soyez jamais la dame à qui son mari ose dire, lorsque l’un et l’autre sont assis dans un fauteuil: "Cherche mes lunettes, je ne sais pas où je les ai fourrées" Le jour ou vous admettez ce ton, ce genre d’ordre, vous êtes perdue.

Pique-nique dominical forêt de Rambouillet 1960

Une sorcière comme les autres

Dans Mariage, Maternité, Moeurs, Sexualité, Statut légal le 8 mars 2012 à 14:58

Paroles de la chanson Une sorcière comme les autres de l’auteur-compositeur-interprète Anne Sylvestre — Anne-Marie Beugras de son vrai nom. 1975.

S’il vous plaît
Soyez comme le duvet
Soyez comme la plume d’oie
Des oreillers d’autrefois
J’aimerais
Ne pas être portefaix
S’il vous plaît
Faîtes vous léger
Moi je ne peux plus bouger

Je vous ai porté vivant
Je vous ai porté enfant
Dieu comme vous étiez lourd
Pesant votre poids d’amour
Je vous ai porté encore
A l’heure de votre mort
Je vous ai porté des fleurs
Je vous ai morcelé mon coeur

Quand vous jouiez à la guerre
Moi je gardais la maison
J’ai usé de mes prières
Les barreaux de vos prisons
Quand vous mourriez sous les bombes
Je vous cherchais en hurlant
Me voilà comme une tombe
Avec tout le malheur dedans
Ce n’est que moi
C’est elle ou moi
Celle qui parle
Ou qui se tait
Celle qui pleure
Ou qui est gaie
C’est Jeanne d’Arc
Ou bien Margot
Fille de vague
Ou de ruisseau

C’est mon coeur
Ou bien le leur
Et c’est la soeur
Ou l’inconnue
Celle qui n’est
Jamais venue
Celle qui est
Venue trop tard
Fille de rêve
Ou de hasard

Et c’est ma mère
Ou la vôtre
Une sorcière
Comme les autres
Il vous faut
Etre comme le ruisseau
Comme l’eau claire de l’étang
Qui reflète et qui attend
S’il vous plaît
Regardez-moi je suis vraie
Je vous prie
Ne m’inventez pas
Vous l’avez tant fait déjà
Vous m’avez aimée servante
M’avez voulue ignorante
Forte vous me combattiez
Faible vous me méprisiez
Vous m’avez aimée putain
Et couverte de satin
Vous m’avez faite statue
Et toujours je me suis tue

Quand j’étais vieille et trop laide
Vous me jetiez au rebut
Vous me refusiez votre aide
Quand je ne vous servais plus
Quand j’étais belle et soumise
Vous m’adoriez à genoux
Me voilà comme une église
Toute la honte dessous

Ce n’est que moi
C’est elle ou moi
Celle qui aime
Ou n’aime pas
Celle qui règne
Ou qui se bat
C’est Joséphine
Ou la Dupont
Fille de nacre
Ou de coton

C’est mon coeur
Ou bien le leur
Celle qui attend
Sur le port
Celle des monuments
Aux morts
Celle qui danse
Et qui en meurt
Fille bitume
Ou fille fleur

Et c’est ma mère
Ou la vôtre
Une sorcière
Comme les autres

S’il vous plaît
Soyez comme je vous ai
Vous y rêvez depuis longtemps
Libre et fort comme le vent
S’il vous plaît
Libre aussi
Regardez je suis ainsi
Apprenez-moi n’ayez pas peur
Pour moi je vous sais par coeur

J’étais celle qui attend
Mais je peux marcher devant
J’étais la bûche et le feu
L’incendie aussi je peux
J’étais la déesse mère
Mais je n’étais que poussière
J’étais le sol sous vos pas
Et je ne le savais pas
Mais un jour la terre s’ouvre
Et le volcan n’en peux plus
Le sol se rompt
On découvre des richesses inconnues
La mer à son tour divague
De violence inemployée
Me voilà comme une vague
Vous ne serez pas noyé

Ce n’est que moi
C’est elle ou moi
Et c’est l’ancêtre
Ou c’est l’enfant
Celle qui cède
Ou se défend
C’est Gabrielle
Ou bien Eva
Fille d’amour
Ou de combat

C’est mon coeur
Ou bien le leur
Celle qui est
Dans son printemps
Celle que personne
N’attend
Et c’est la moche
Ou c’est la belle
Fille de brume
Ou de plein ciel

Et c’est ma mère
Ou la vôtre
Une sorcière
Comme les autres

S’il vous plaît
Faîtes vous léger
Moi je ne peux plus bouger

The Runaways avec leur impressario Kim Fowley, 1975.

La rupture du lien

Dans Mariage, Moeurs, Statut légal le 15 octobre 2011 à 19:43

Extrait tiré du livre Philosophie familiale publié par Jean-Baptiste Gauvin, L.Ph., D.Th. Montréal. 1959. De la collection de Thérèse.

Il y a des mariages qui aboutissent en fait au malheur des époux et qui nuisent à la bonne éducation des enfants. Tout en admettant l’indissolubilité du mariage comme loi générale, n’y aurait-il pas lieu d’admettre le divorce pour certains cas malheureux et d’accorder à certains époux le bonheur auquel ils ont droit?

Réponse — 1) Le droit de l’homme au bonheur terrestre n’est pas un droit absolu, inconditionné. L’homme a le droit de chercher le bonheur ici-bas, mais dans le cadre des institutions nécessaires au développement du genre humain.

La famille est l’une de ces institutions. Elle doit être organisée selon la formule la plus favorable au bien de l’enfant et des époux, soit selon la loi de l’indissoluble unité.

2) La question importante n’est pas de savoir si tous les individus humains trouveront le bonheur parfait dans la vie conjugale, mais de savoir si le mariage indissoluble est la forme la plus favorable au bien de l’humanité. Trouver d’ailleurs une forme d’organisation sociale capable de rendre automatiquement tous les hommes heureux est une utopie.

3) Le régime du divorce n’est pas une solution au problème de la vie conjugale. En fait, le régime du divorce n’a pas supprimé les malheurs du foyer. Loin de là: le divorce a contribué à ruiner l’œuvre de la famille; la fécondité a diminué en proportion des divorces; les querelles de ménage ont augmenté; l’adultère s’est multiplié et les actes de violence contre le conjoint n’ont fait que s’accroître. Le remède qu’on proposait a entraîné des maux plus graves que celui qu’il prétendait guérir.

4) Sans doute, là où il n’y a pas de divorce possible, le bonheur et la paix ne sont pas le lot de tous les ménages. Mais, en règle générale, l’on s’engage dans la voie du mariage avec plus de sérieux et de réflexion, on accepte plus facilement les souffrances de la vie commune, on exerce sur ses sentiments un contrôle qui diminue les drames de la vie conjugale.

Il reste que certains foyers présentent le spectacle d’un échec total sur le plan de l’amour humain. Pourquoi dès lors ces malheureuses victimes sont-elles condamnées à subir jusqu’à la mort le poids des chaînes qui les attachent à un être qu’elles ne peuvent aimer et dont elles ne reçoivent pas de tendresse?

C’est que le bien commun de l’humanité, fin première de la famille, doit être préféré au bien individuel.

(…)

Bref, l’indissolubilité offre plus d’avantages que d’inconvénients. Quand l’amour existe entre les époux, elle le protège et contribue à sa purification. Si par hasard, l’amour des époux fait défaut, l’on sauve du moins la société conjugale.

Barbara and Russell Neff, le 17 août 1959. Le couple a fêté 50 ans de mariage en 2009.

L’infidélité: une humiliation qu’il faut savoir pardonner

Dans Mariage le 4 septembre 2011 à 10:35

Extrait tiré du livre Séduire: comment trouver un homme et le garder publié par Jean Côté. Montréal. 1980. De la collection de Thérèse.

A la loterie du mariage, on n’a pas toujours le numéro gagnant. Lorsque les rapports deviennent rendus, que la communication est à peu près inexistante, la route de l’infidélité est toute tracée.

(…)

Quelle doit être l’attitude d’une femme qui découvre que son mari la trompe? Nous avons cru bon de demander la «recette» à une très chère et très intelligente amie, familiarisée avec les fredaines de son mari.

«Si votre conjoint a une aventure passagère, ne cassez rien. Montrez-vous détachée, bien au-dessus de ces petites peccadilles, et il n’en sera que plus mortifié dans son orgueil de mâle», explique-t-elle.

«Ne tolérez pas les liaisons suivies. Si elles se poursuivent malgré tout, montrez-vous plus coquette que jamais. S’il est un tantinet observateur, il s’inquiétera, se demandera ce qui se passe. Son désir sera de nouveau attisé, mais accordez-lui vos faveurs avec réticence. C’est fou ce que les hommes, présumément peu compliqués, se mettent à chérir ce qu’ils ont peur de perdre. L’instinct de possession reprend le dessus et vous devriez, sans trop de mal, jusqu’à la prochaine alerte, reprendre la situation en main.»

«Vous pourrez aussi lui dire, avec un calme affecté, que vous ne voyez pas d’inconvénient à ce qu’il cherche ailleurs ses petites satisfactions. De votre côté, vous songez à meubler votre vie affective. Cette mise au point suscitera de sa part un certain nombre de questions angoissées, car il se dira qu’il est peut-être allé trop loin.»

«Au moment où il vous a rencontrée, il est possible qu’il ait cru que les questions matérielles vous laisseraient indifférente. Aucune femme n’est parfaitement désintéressée. Faites le compte des déboires que pourrait vous occasionner un départ, même si vous êtes furieusement décidée à ne pas bouger.»

«Il y a une rivale; ne lui cédez rien. Interrogez-vous. Sur quel plan vous bat-elle? Est-elle plus charmante dans l’intimité que vous ne l’êtes? Ses talents culinaires sont-ils supérieurs aux vôtres? S’exprime-t-elle sexuellement avec plus de brio? Vous seriez peut-être surprise d’apprendre que votre compagnon est lié passagèrement avec une fille que ne vous va pas à la cheville. Vous vous sentirez humiliée. Ne perdez pas votre sang-froid. Il vous faut revoir votre stratégie globale. Si plus rien ne réussit et si tous vos efforts coulent à pic, c’est vraiment qu’il n’y a plus rien. Mais préparez-vous à jouer le grand jeu avec toute la finesse dont vous êtes capable. Ayez confiance en vous! Souvenez-vous que, quelques années plus tôt, vous avez sans doute vaincu une rivale que vous n’aviez jamais vue.»

Betty Friedan 27 janvier 1980 lors d'une conférence sur la famille organisée par le gouverneur de NY. (Photographe: Marilyn K. Yee/New York Times Co./Getty Images)

L’Amour charnel: le devoir conjugal

Dans Mariage, Sexualité le 28 août 2011 à 12:36

Extrait tiré du livre Philosophie familiale publié par Jean-Baptiste Gauvin. Montréal. 1959. De la collection de Thérèse.

L’acte conjugal est non seulement un acte permis dans le mariage; il est aussi un devoir, le devoir fondamental de la vie conjugal. En se mariant, les époux se donnent l’un à l’autre le droit perpétuel et exclusif aux actes destinés à la génération. Le premier devoir des époux est donc de respecter les termes du contrat. C’est ce qu’on appelle le devoir conjugal. Chacun des époux doit, en justice, accomplir l’acte conjugal quand son conjoint le réclame avec modération et dans les circonstances convenables.

Cette obligation cesserait, par exemple, si l’acte devait entraîner un dommage grave pour l’enfant déjà conçu. De même, l’emploi de procédés anticonceptionnels par l’un des époux délierait, pour le moment, l’autre époux de l’obligation de rendre le devoir conjugal: le contrat en effet n’est conclu que pour les actes aptes à la génération.

Les époux chrétiens doivent se rappeler ce texte inspiré: «Que le mari s’acquitte de son devoir envers sa femme, et pareillement la femme envers son mari. La femme ne dispose pas de son corps, mais le mari. Pareillement, le mari ne dispose pas de son corps, mais la femme. Ne vous refusez pas l’un à l’autre, si ce n’est d’un commun accord, pour un temps, afin de vaquer à la prière.» (I Cor., VII, 3-5)

Si un époux n’a pas le droit, à moins de raison grave, de refuser à son conjoint le devoir conjugal, il n’est pas tenu de l’exiger. Les époux peuvent même se mettre d’accord pour garder la continence, à moins qu’il n’y ait danger, pour l’un ou pour l’autre, d’incontinence ou d’adultère.

Sorlies' Couple, Broken Hill. Photographe: Jeff Carter. 1959

L’amour charnel: valeur morale de l’activité sexuelle

Dans Mariage, Sexualité le 27 août 2011 à 13:00

Extrait tiré du livre Philosophie familiale publié par Jean-Baptiste Gauvin. Montréal. 1959. De la collection de Thérèse.

1/ L’amour conjugal comporte un élément charnel. On ne peut établir l’union conjugale sans tenir compte des exigences de la sexualité. Un contrat matrimonial qui exclurait le droit à l’acte conjugal serait invalide parce qu’il serait sans objet: le mariage est un contrat par lequel les époux se confèrent l’un à l’autre le droit aux actes qui tendent, par leur nature même, à la génération.

2/ L’activité sexuelle, loin d’être en soi malhonnête, est quelque chose de grand. L’activité sexuelle n’est pas en soi quelque chose de honteux ou de dégradant pour l’homme. Loin de là: vécue selon la loi divine, elle est même une activité noble, enrichissante. L’acte conjugal est voulu par Dieu pour assurer la propagation de l’espèce humaine; et le plaisir qui l’accompagne est confirme au plan de Dieu. L’activité sexuelle qui suit la loi divine est quelque chose de très grand: elle est la coopération directe à l’action créatrice de Dieu dans la production d’une vie humaine.

3/ La passion sexuelle n’est pas le tout de l’amour conjugal. Si l’amour conjugal n’est pas un amour angélique, il n’est pas non plus un amour bestial. L’homme et la femme ne peuvent pas se limiter à l’amour charnel que connaît la brute. La brute ne désire l’accouplement que pour la satisfaction de la passion sexuelle; l’amour de la bête n’est qu’un amour de convoitise dans lequel le partenaire n’est recherché que comme un complément biologique.

L’amour conjugal se situe dans un juste milieu entre l’amour angélique et l’amour bestial. Le don des corps doit être le signe et la voie du don des âmes. Le corps humain est animé par un esprit créé à l’image de Dieu. Le corps humain tient sa grandeur et sa noblesse de l’âme spirituelle. Il est aussi pour l’âme un moyen d’action, un moyen d’expression et un moyen de communication avec les autres personnes. Dans le mariage, les époux peuvent, par l’union physique, parvenir à l’intimité spirituelle, se manifester l’un à l’autre d’une certaine manière le mystère profond de leur personne.

Cathy fixing her hair in cigarette machine mirror. Photographe: Bruce Davidson. 1959.


Etes-vous vraiment féminine?

Dans Mariage, Moeurs le 17 août 2011 à 09:56

Extrait tiré du livre Qu’est-ce qu’une femme? publié par Lionel Gendron M.D. Montreal. 1961. De la collection de Thérèse.

"Pour se marier et surtout être heureuse avec son époux, la jeune fille doit posséder une qualité essentielle qui est la féminité."

Est-ce que vos pensées, vos actions, vos attitudes reflètent bien ce caractère féminin qui fait le charme de la femme? Est-ce que votre vie est concentrée sur vous-même ou sur votre entourage? Possédez-vous ce sens du dévouement pour les autres? Cherchez-vous votre propre plaisir tout d’abord? Pensez-vous particulièrement à votre beauté, vos cosmétiques, vos parfums et vos vêtements? Etes-vous surtout soucieuse de l’embellissement de votre corps? Etes-vous hantée par les toilettes, les parfums et les bijoux? Alors, si, oui, vous êtes très gracieuse peut-être, mais, pas très féminine.

Votre biologie vous oriente naturellement vers l’altruisme, vous ne pouvez vraiment pas vous diriger dans un autre sens si vous désirez devenir l’épouse idéale. Si une seule chose compte pour vous, votre apparence, si vous vivez pour votre corps, si tout ce que vous faites est centré sur vous-même, vous ne répondez pas à la vraie biologie de la femme. Vous souffrez d’une maladie de plus en plus commune chez elle, je veux parler du narcissisme. Ce qui importe pour vous, c’est votre apparence et l’impression que vous créez chez les autres. C’est cela votre idéal de femme. C’est tout à fait l’opposé de l’altruisme qui est son trait psychologique.

(…)

Accrochée à cette apparence physique qui disparait dans l’ombre, elle devient décontenancée et même terrorisée, elle n’a plus rien à penser; son vide est encore plus marqué. Elle est prise subitement d’un désespoir difficile à guérir. Elle n’a pas atteint cette maturité qui apporte le bonheur, elle est donc incapable de comprendre le rôle sublime de le femme et de l’épouse. Elle ne peut ressentir cette joie intense que donne l’altruisme féminin.

 

"Vera with Peter at a 14 June 1961 party to celebrate their friend Anna's 21st coming of age birthday party."

 

L’indifférence

Dans Mariage le 15 août 2011 à 14:57

Extrait du journal intime de Marie Bashkirtsef (nom de plume : Pauline Orrel). Artiste et écrivaine féministe. Du catalogue de la Bibliothèque-Charpentier. Rome, Hôtel de la Ville, 10 mars 1876.

Cher père.

Vous avez toujours été prévenu contre moi sans que j’eusse jamais rien fait pour justifier cette prévention. Je n’en ai pourtant perdu ni l’estime ni l’amour que doit à son père chaque fille bien née.

Je me crois obligée de vous consulter dans toutes les occasions graves et je suis persuadée que vous y prendrez l’intérêt que de pareilles matières comportent.

Je suis recherchée en mariage par M. le comte B… Maman a dû vous l’avoir déjà dit; mais hier encore j’ai reçu la demande de M. le comte A., neveu du cardinal A…

Je me crois trop jeune pour le mariage, mais dans tous les cas je viens vous demander votre avis et j’espère que vous me le donnerez. Ces deux messieurs sont jeunes, riches, et ont tout ce qu’il faut pour plaire. Ils me sont indifférents.

En espérant une réponse à ma lettre, je me dis avec le plus profond respect et la plus grande estime,

Votre fille dévouée et obéissante.

Marie Bashkirtseff

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