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Archive for the ‘Mariage’ Category

D’où proviennent les mauvais ménages

In Amour, Famille, Mariage on 25 juin 2013 at 12:06

Extrait tiré du livre Le droit à l’amour pour la femme publié par le Docteur Michel Bourgas. Vigot Frères, éditeurs, Paris. 1939.

(…) les enfants conçus dans le mariage ont plus de chance d’être bien constitués, que ceux qui résultent d’embrassements furtifs échangés au milieur d’alarmes continuelles. Ces derniers, — portés par une mère contrainte de prendre des précautions pour dissimuler son état, vivant souvent dans les privations, en proie aux soucis de l’avenir, — viennent au monde débiles et maladifs. D’ailleurs la plupart manquent des soins que réclame la première enfance; ils sont tout désignés pour peupler les hôpitaux et les cimentières.

(…)

Les choses changent de face si les parents sont libres de se rapprocher sans contrainte; si la mère, fière de sa grossesse, n’apporte aucune entrave à son développement; si l’enfant, dont la venue est considérée comme un bonheur, est choyé et entouré de tous les soins imaginables. Dans ces conditions, 67 garçons sur 100 — près du triple des enfants naturels — arrivent à l’âge du service militaire.

L’enfance est longue dans l’espèce humaine et exige une aide et une surveillance incessantes de la mère et du père. De là, la nécessité que l’union de ceux-ci soit durable; sa rupture est toujours préjudiciable aux enfants. Le divorce a été établi pour mettre fin à des maux incontestables, mais il serait désirable qu’on n’y recourût — de même qu’à une intervention chirurgicale — que lorsque l’on a épuisé inutilement tous les autres moyens curatifs.

Quand le mariage n’a pas été fécond, peu importe que les époux se séparent et cherchent le bonheur dans une autre union. Il n’en va plus de même quand des enfants sont nés et ont grandi près de leurs parents; il est toujours fâcheux pour eux que les auteurs de leurs jours se séparent pour aller contracter d’autres liens.

"Les enfants, a dit Saint-Marc Girardin, qui ont leur mère dans une famille et leur père dans une autre, ne savent plus à qui attacher leur respect et leur amour; ils n’ont ni centre ni point de ralliement."

Unemployed lumber worker and his wife en route to the 1939 bean harvest.  Photographer: Dorothea Lange.

Unemployed lumber worker and his wife en route to the 1939 bean harvest.
Photographer: Dorothea Lange.

Devoirs mutuels des époux

In Mariage on 16 juin 2013 at 17:10

Extrait tiré d’un missel imprimé par J.E. Card. Van Roey, Arch. Mechlin. Belgique. 1958.

Épitre de S. Paul aux Éphésiens 5, 22-23

Frères: Que les femmes soient soumises à leur maris, comme au Seigneur; car le mari est le chef de la femme, comme le Christ est le chef de l’Église, qui est son corps, et dont il est le Sauveur. Or, de même que l’Église est soumise au Christ, de même aussi les femmes doivent être soumises à leurs maris en toutes choses. Vous, maris, aimez vos femmes, comme le Christ, lui aussi, a aimé son Église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier, après l’avoir purifiée dans le baptême de l’eau par la parole de vie, pour se la présenter à lui-même comme une Église glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, étant sainte et immaculée. De même les maris doivent aussi aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme, s’aime lui-même. Car jamais personne n’a haï sa propre chair. Mais il la nourrit et la soigne, comme le Christ fait pour l’Église, parce que nous sommes les membres de son corps, formés de sa chair et de ses os. C’est pourquoi l’homme abandonnera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront deux dans une seule chair. Ce mystère est grand: je veux dire par rapport au Christ et à l’Église. Aussi, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari.

GRADUEL Ps. 127, 4 — Ton épouse sera semblable à la treille, jeune et féconde, à l’intérieur de ta maison. Tes enfants seront comme de jeunes plants d’olivier autour de la table.

Modem AT&T, 1958

Modem AT&T, 1958

La maîtrise sexuelle en mariage

In Famille, Mariage, Religion, Sexualité on 25 mai 2013 at 22:01

Extrait du livre La maîtrise sexuelle en mariage: pour époux et fiancés seulement publié par Irénée-Onil Cusson, ptre. Kapuskasing, Évêché de Hearst, 1964. 

…beaucoup de ménages sont troublés par de nombreux et graves problèmes (fausse continence, excès de naissances, frigidité par crainte de grossesses ou abus sexuels, contraception, abandon de la pratique religieuse etc.) dont la source commune principale d’après les enquêtes est l’insuffisance ou l’absence de maîtrise sexuelle plutôt que l’ignorance ou la révolte contre la morale. "On regrette d’avoir à recourir aux mesures anticonceptionnelles, mais que voulez-vous, on a 4,6,8, 10 enfants, on ne peut pas là en avoir d’autres, mon mari va aller ailleurs si je n’accepte pas ça." Ce thème est trop bien connu des médecins et des prêtres, de qui l’on réclame une recette infaillible, facile et immédiate, ce qui est impossible.

(…)

Des enquêtes démontrent que 90% des époux bâclent l’acte conjugal en moins de deux minutes (cf, Cours de Sexologie conjugale et familiale par Paul Chanson)

(…)

Les signes suivants révèlent encore un manque plus ou moins complet de maîtrise sexuelle surtout masculine: 1) hâte fébrile à tout voir, tout toucher, tout goûter, tout de suite; 2) répétition indue des gestes charnels; 3) peu de préparation dans la tendresse; 4) peu d’efforts pour synchroniser sensualités masculine et féminine; 5) éjaculation précoce, rendant par le fait même incapable de prolonger une union qui permette un échange hormonal suffisant; 6) abandon rapide de l’épouse par l’époux après l’union.

Ces faits nous obligent à conclure à une absense quasi universelle de maîtrise sexuelle. Face aux plaisirs sexuels les adultes sont fascinés comme les enfants devant les bonbons; ils n’y résistent pas souvent ni longtemps.

(…)

La maîtrise sexuelle … est-elle possible aux époux ordinaires?

Impossible répondent la plupart spontanément: il n’y a pas un "canayen" capable de faire ça, ai-je entendu souvent. Malgré tout, d’autres faits déjà nombreux et augmentant chaque jour et d’accord avec la science nous forcent à affirmer que cette maîtrise sexuelle est possible à tous les époux de bonne volonté, raisonnablement équilibrés et qui prennent courageusement les moyens d’y parvenir; dans ces conditions aucun cas n’est jamais désespéré.

(…)

On devine l’importance et la nécessité des moyens surnaturels ici. On doit y recourir à plein en même temps qu’aux moyens naturels: aide-toi, le ciel t’aidera. Si dans le plan de Dieu la sexualité humaine requiert la maîtrise sexuelle (espérons qu’il n’y a plus à en douter) cette dernière est sûrement à la portée des époux de bonne volonté, car Dieu est assez sage pour ne pas exiger l’impossible. Sa grâce, qui est lumière et force est toujours là pour aider les époux à se conformer à l’ordonnance naturelle et divine du mariage. Mais j’insiste sur ceci: la grâce ne détruit pas la nature; et Dieu ne fait pas de miracles pour suppléer aux moyens naturels qu’on néglige. Dieu ne dérange pas à tout moment l’ordre des lois établies: ce que l’homme peut obtenir par lui-même en se servant correctement des lois de la nature ne s’obtient pas ordinairement par la seule prière.

(…)

Régulation des naissances

La maîtrise sexuelle a sa valeur en soi; elle n’est pas spécialement une technique de régulation des naissances; mais elle place celui qui la possède dans une condition où il lui est possible sinon facile de soluntionner humainement et chrétiennement ce problème. En effet, "l’amour équilibré n’a pas besoin de ces techniques puisqu’il arrive à une maîtrise de l’acte permettant l’union sans aboutir obligatoirement à la fécondation ou même permettant une vraie continence amourseuse positive… Il est inutile, puisque la physiologie autorise à ne pas le faire, d’ensemencer la femme quand on ne veut pas la féconder." (p. 56, Maîtrise sexuelle, Chauchand). Les moyens techniques permettent le repérage approximatif de l’ovulation. Les époux font bien d’y recourir. La conception volontaire, la seule normale, devient alors possible et la continence conjugale s’en trouvera facilitée.

1964

Les noces: quel mois et jour choisir?

In Mariage on 23 mai 2013 at 17:55

Extrait du livre Milles questions d’étiquette: discutées, résolues et classées publié par Madame M. Sauvalle. Montréal, Éditions Beauchemin, 1907. 

Q. — Quels sont les pronostics tirés des mois?

R. — Si vous cherchez un époux bon, aimable et doux;
En janvier, mariez-vous.
Si vous voulez que le bonheur chez vous demeure:
En février, et de bonne heure.

Si vous vous mariez en mars, attendez-vous:
A trouver chagrins et dégoûts.
Si vous épousez en avril, à la bonne heure
Vous aurez la part la meilleure.

Si vous vous mariez en mai, malheur à vous
Ivrogne sera votre époux.
Si vous vous mariez en juin, heureux présage:
Bonheur jusque dans le vieil âge.

Si vous voulez vous faire aimer et voyager:
En juillet, vous vous marierez.
Si vous vous mariez en août, mauvais présage:
Votre mari sera peu sage.

Si vous pouvez choisir septembre, augure heureux.
Honneur, fortune pour les deux.
Si vous cherchez un mari doux, généreux et sobre:
Mariez-vous au mois d’octobre.

En novembre, vous aurez un mari sans coeur
Avare, impie et querelleur.
En décembre, vous serez mère chaque année
Epouse heureuse et fortunée.

Q. — Quels sont les pronostics tirés des jours de la semaine?

R. — Mariez-vous le lundi,
Votre époux, un étourdi
Rendra votre vie amère,
Vous vivrez dans la misère.

Le mardi sera le jour:
Du bel accord et d’amour
Vous n’aurez point de richesse;
Mais, chez vous serez maîtresse.

Mercredi, jour le meilleur,
Pôur la paix et le bonheur,
Lune de miel éternelle;
Et tendresse mutuelle.

Jeudi, redoutez le coups
Du destin, ce vieux jaloux,
Qui aime à semer l’épreuve,
Jeune encore, vous serez veuve.

Vendredi, beaucoup de croix;
La lunde de miel décroit
Dès la première année,
Sombre jour pour l’hyménée.

Samedi, jour de procès,
De regrets et d’insuccès,
Inquiète à bout de force,
Aurez recours au divorce.

Ne vous mariez jamais:
Le dimanche, jour mauvais,
Nous apprend l’antique adage
Pour entrer en ménage.

Happy-New-Year-1907

Madame et le bonheur: la politique de la vie

In Mariage, Moeurs, Profession on 5 juillet 2012 at 21:00

Extrait du livre Madame et le bonheur publié par Christiane Collange. Montréal, Paris, 1972. De la collection de Thérèse.

Une amie journaliste me raconte que sa fille de vingt ans est fiancé avec un délicieux garçon. Moi, de la féliciter. «Je ne suis pas enthousiaste, me confie-t-elle, son fiancé est apparemment charmant, il l’adore, elle l’adore, tout serait parfait, mais il  veut absolument qu’elle s’arrête de travailler pour s’occuper de son ménage. Je suis inquiète.» Cinq ans plus tard, je la rencontre et lui demande des nouvelles de sa fille. «Elle divorce. Tout a été mal depuis le jour de leur mariage. De mal en pis. Disputes continuelles — pour rien, pour tout; j’ai cru que ça s’arrangerait. Non… Ma fille a décidé de le quitter; un beau matin, je l’ai vue revenir à la maison. Quand je lui ai demandé ce qui s’était passé, elle m’a dit: «Rien de tres grave, nous ne pouvions simplement pas du tout vivre ensemble.»

Je m’en suis voulu rétrospectivement de mon silence. Mon instinct avait été de crier «casse-cou» au moment des fiançailles. Un jeune homme de 23 ans qui interdit à la femme qu’il aime de garder le contact avec un univers professionnel qui l’intéresse et l’enrichit est un dangereux personnage. On pourrait prendre cette attitude pour une preuve d’intérêt et d’amour. Ne s’agit-il pas plutôt d’une ingérence tout à fait injustifiée dans une vie régie en principe par les droits de la femme et de la citoyenne. Est-ce vraiment la tendresse qui parle, n’est-ce pas plutôt une certaine façon de sacrifier l’individu à l’intérêt supérieur de la nation. Quand on commence dans cette voie, jusqu’où va-t-on? Mais j’aurais eu l’air d’une suffragette, si j’avais émis ces jugements politiques, on m’aurait surement opposé l’argument imparable, irréfutable: «Mais ils s’aiment.»

«Ils s’aiment». Et alors? Peut-on espérer bâtir toute une vie, régler tous les conflits, supporter le meilleur et le pire au seul nom de l’amour? Surement pas. Sans amour, mieux vaut ne pas tenter l’aventure, aucun combat ne peut se passer d’un idéal. Mais avec amour, on ne met pas pour autant toutes les chances de son côté! Si l’amour est une condition nécessaire, rien ne prouve qu’il soit une condition suffisante. La preuve? Mais la constante augmentation des divorces. Je crois qu’aucun jeune couple aujourd’hui ne se présente devant Monsieur le Maire sans une petite flamme ou un grand feu au coeur. La conception du mariage raisonnable avait ses défenseurs aux siècles précédents, aujourd’hui, cela ne fait plus partie des moeurs. Cela n’empêche pas ensuite ces porteurs du feu sacré de s’entre-déchirer et de se séparer une fois sur dix selon les statistiques officielles.

Trois générations: la femme, sa belle soeur, sa belle-mère et sa fille. Chicago. Novembre 1972.

C’est vous qui devrez changer

In Amour, Mariage on 2 juin 2012 at 16:15

Extrait tiré du livre “Connaissance de l’amour” publié par Marcelle Auclair. Paris. 1960.

L’homme de quarante à cinquante ans peut avoir l’air très jeune physiquement, il ne changera pas sa maniere de vivre. Une jeune femme a tout obtenu d’un mari de vingt-trois ans plus âgé qu’elle, sauf de passer un dimanche ailleurs qu’à la campagne par n’importe quel temps — et de jouer de disques de jazz dont elle raffole, et qu’il déteste. Elle a dû céder. Elle en conçoit une amertume déraisonnable.

Déraisonnable, car ne vous faites aucune illusion: il ne changera pas, c’est vous qui devrez changer. Vous imaginez-vous qu’un homme plus âgé vous traitera en enfant gâtée, que vous serez comblée, choyée? Peut-être. Mais à la condition expresse de vous plier à ses habitudes, devenues souvent des manies, de modeler votre personnalité sur sa personnalité à lui, vos goûts sur ses goûts à lui. On dit d’un homme mûr qu’il est «un homme fait». L’expression est juste. Il ne vous a pas attendue pour être ce qu’il est. Il le restera, soyez-en sûre. Or, vous êtes à faire, ou à fignoler … Reste à savoir si vous êtes vraiment capable de devenir la femme qu’il souhaite avoir à ses côtés.

Édouard Michaut et Louise Lockhart à Alger en 1960

Madame: soyez gentille, mais jamais servile

In Mariage on 12 mai 2012 at 17:32

Extrait tiré du livre “Connaissance de l’amour” publié par Marcelle Auclair. Paris. 1960.

Une femme doit tout faire pour donner à son mari un foyer agréable, non pas agréable à sa manière à elle, mais à sa manière a lui. Aime-t-il recevoir? Mettez-vous en quatre pour le faire, même si cela vous donne beaucoup de mal, même si vous n’aimez pas énormement ce continuel va-et-vient. Prefère-t-il la vie de famille, le tête-à-tête et, après une journée d’affaires mouvementée, un peu de solitude et de silence? Organisez votre existence de manière à lui donner des heures de paix. Dites-vous que, lorsqu’on parle d’un "attachement", ce mot n’est pas seulement une figure de rhétorique. Mais sachez aussi que cet attachement ne provient pas d’une seule grosse corde jetée une fois pour toutes autour du cou d’un pauvre homme. L’attachement est fait de mille liens dont chacun est fragile, mais dont l’ensemble forme un filet d’une extraordinaire solidité: chacune des attentions dont vous entourez votre mari devient une habitude, un besoin.

Si vous l’aimez, si vous tenez à lui, ne vous plaignez pas de ce qu’il lui soit impossible de faire sa valise tout seul, et de ce que le tabac de sa pipe n’ait pas le même goût lorsque ce n’est pas vous qui le lui avez mis sous la main. Ce sont, pour vous, de menues servitudes, mais ce n’est qu’en étant soi-meme fidelement attachée que l’on s’attache un être.

Soyez gentille, aussi gentille que possible. Soyez aux petits soins pour lui, faites-lui ses plats préférés, veillez à ce qu’il n’ait pas à chercher ses lames de rasoir, ne mettez pas ce que vous appelez de l’ordre sur son bureau, souhaitez-lui sa fête et son anniversaire, ne le faites pas attendre lorque vous sortez ensemble, ne l’ennuyez pas avec vos histoires menagères, passionnez-vous avez lui pour la mécanique, et n’achetez pas ses cravates.

Soyez gentille, mais jamais servile. Il y a une nuance. Qu’il sente bien que vous êtes ainsi parce que vous le voulez. Mais tout change à partir de l’instant où il se met à exiger ce que vous faites de bon gré. Ne soyez jamais la dame à qui son mari ose dire, lorsque l’un et l’autre sont assis dans un fauteuil: "Cherche mes lunettes, je ne sais pas où je les ai fourrées" Le jour ou vous admettez ce ton, ce genre d’ordre, vous êtes perdue.

Pique-nique dominical forêt de Rambouillet 1960

Une sorcière comme les autres

In Mariage, Maternité, Moeurs, Sexualité, Statut légal on 8 mars 2012 at 14:58

Paroles de la chanson Une sorcière comme les autres de l’auteur-compositeur-interprète Anne Sylvestre — Anne-Marie Beugras de son vrai nom. 1975.

S’il vous plaît
Soyez comme le duvet
Soyez comme la plume d’oie
Des oreillers d’autrefois
J’aimerais
Ne pas être portefaix
S’il vous plaît
Faîtes vous léger
Moi je ne peux plus bouger

Je vous ai porté vivant
Je vous ai porté enfant
Dieu comme vous étiez lourd
Pesant votre poids d’amour
Je vous ai porté encore
A l’heure de votre mort
Je vous ai porté des fleurs
Je vous ai morcelé mon coeur

Quand vous jouiez à la guerre
Moi je gardais la maison
J’ai usé de mes prières
Les barreaux de vos prisons
Quand vous mourriez sous les bombes
Je vous cherchais en hurlant
Me voilà comme une tombe
Avec tout le malheur dedans
Ce n’est que moi
C’est elle ou moi
Celle qui parle
Ou qui se tait
Celle qui pleure
Ou qui est gaie
C’est Jeanne d’Arc
Ou bien Margot
Fille de vague
Ou de ruisseau

C’est mon coeur
Ou bien le leur
Et c’est la soeur
Ou l’inconnue
Celle qui n’est
Jamais venue
Celle qui est
Venue trop tard
Fille de rêve
Ou de hasard

Et c’est ma mère
Ou la vôtre
Une sorcière
Comme les autres
Il vous faut
Etre comme le ruisseau
Comme l’eau claire de l’étang
Qui reflète et qui attend
S’il vous plaît
Regardez-moi je suis vraie
Je vous prie
Ne m’inventez pas
Vous l’avez tant fait déjà
Vous m’avez aimée servante
M’avez voulue ignorante
Forte vous me combattiez
Faible vous me méprisiez
Vous m’avez aimée putain
Et couverte de satin
Vous m’avez faite statue
Et toujours je me suis tue

Quand j’étais vieille et trop laide
Vous me jetiez au rebut
Vous me refusiez votre aide
Quand je ne vous servais plus
Quand j’étais belle et soumise
Vous m’adoriez à genoux
Me voilà comme une église
Toute la honte dessous

Ce n’est que moi
C’est elle ou moi
Celle qui aime
Ou n’aime pas
Celle qui règne
Ou qui se bat
C’est Joséphine
Ou la Dupont
Fille de nacre
Ou de coton

C’est mon coeur
Ou bien le leur
Celle qui attend
Sur le port
Celle des monuments
Aux morts
Celle qui danse
Et qui en meurt
Fille bitume
Ou fille fleur

Et c’est ma mère
Ou la vôtre
Une sorcière
Comme les autres

S’il vous plaît
Soyez comme je vous ai
Vous y rêvez depuis longtemps
Libre et fort comme le vent
S’il vous plaît
Libre aussi
Regardez je suis ainsi
Apprenez-moi n’ayez pas peur
Pour moi je vous sais par coeur

J’étais celle qui attend
Mais je peux marcher devant
J’étais la bûche et le feu
L’incendie aussi je peux
J’étais la déesse mère
Mais je n’étais que poussière
J’étais le sol sous vos pas
Et je ne le savais pas
Mais un jour la terre s’ouvre
Et le volcan n’en peux plus
Le sol se rompt
On découvre des richesses inconnues
La mer à son tour divague
De violence inemployée
Me voilà comme une vague
Vous ne serez pas noyé

Ce n’est que moi
C’est elle ou moi
Et c’est l’ancêtre
Ou c’est l’enfant
Celle qui cède
Ou se défend
C’est Gabrielle
Ou bien Eva
Fille d’amour
Ou de combat

C’est mon coeur
Ou bien le leur
Celle qui est
Dans son printemps
Celle que personne
N’attend
Et c’est la moche
Ou c’est la belle
Fille de brume
Ou de plein ciel

Et c’est ma mère
Ou la vôtre
Une sorcière
Comme les autres

S’il vous plaît
Faîtes vous léger
Moi je ne peux plus bouger

The Runaways avec leur impressario Kim Fowley, 1975.

La rupture du lien

In Mariage, Moeurs, Statut légal on 15 octobre 2011 at 19:43

Extrait tiré du livre Philosophie familiale publié par Jean-Baptiste Gauvin, L.Ph., D.Th. Montréal. 1959. De la collection de Thérèse.

Il y a des mariages qui aboutissent en fait au malheur des époux et qui nuisent à la bonne éducation des enfants. Tout en admettant l’indissolubilité du mariage comme loi générale, n’y aurait-il pas lieu d’admettre le divorce pour certains cas malheureux et d’accorder à certains époux le bonheur auquel ils ont droit?

Réponse — 1) Le droit de l’homme au bonheur terrestre n’est pas un droit absolu, inconditionné. L’homme a le droit de chercher le bonheur ici-bas, mais dans le cadre des institutions nécessaires au développement du genre humain.

La famille est l’une de ces institutions. Elle doit être organisée selon la formule la plus favorable au bien de l’enfant et des époux, soit selon la loi de l’indissoluble unité.

2) La question importante n’est pas de savoir si tous les individus humains trouveront le bonheur parfait dans la vie conjugale, mais de savoir si le mariage indissoluble est la forme la plus favorable au bien de l’humanité. Trouver d’ailleurs une forme d’organisation sociale capable de rendre automatiquement tous les hommes heureux est une utopie.

3) Le régime du divorce n’est pas une solution au problème de la vie conjugale. En fait, le régime du divorce n’a pas supprimé les malheurs du foyer. Loin de là: le divorce a contribué à ruiner l’œuvre de la famille; la fécondité a diminué en proportion des divorces; les querelles de ménage ont augmenté; l’adultère s’est multiplié et les actes de violence contre le conjoint n’ont fait que s’accroître. Le remède qu’on proposait a entraîné des maux plus graves que celui qu’il prétendait guérir.

4) Sans doute, là où il n’y a pas de divorce possible, le bonheur et la paix ne sont pas le lot de tous les ménages. Mais, en règle générale, l’on s’engage dans la voie du mariage avec plus de sérieux et de réflexion, on accepte plus facilement les souffrances de la vie commune, on exerce sur ses sentiments un contrôle qui diminue les drames de la vie conjugale.

Il reste que certains foyers présentent le spectacle d’un échec total sur le plan de l’amour humain. Pourquoi dès lors ces malheureuses victimes sont-elles condamnées à subir jusqu’à la mort le poids des chaînes qui les attachent à un être qu’elles ne peuvent aimer et dont elles ne reçoivent pas de tendresse?

C’est que le bien commun de l’humanité, fin première de la famille, doit être préféré au bien individuel.

(…)

Bref, l’indissolubilité offre plus d’avantages que d’inconvénients. Quand l’amour existe entre les époux, elle le protège et contribue à sa purification. Si par hasard, l’amour des époux fait défaut, l’on sauve du moins la société conjugale.

Barbara and Russell Neff, le 17 août 1959. Le couple a fêté 50 ans de mariage en 2009.

L’infidélité: une humiliation qu’il faut savoir pardonner

In Mariage on 4 septembre 2011 at 10:35

Extrait tiré du livre Séduire: comment trouver un homme et le garder publié par Jean Côté. Montréal. 1980. De la collection de Thérèse.

A la loterie du mariage, on n’a pas toujours le numéro gagnant. Lorsque les rapports deviennent rendus, que la communication est à peu près inexistante, la route de l’infidélité est toute tracée.

(…)

Quelle doit être l’attitude d’une femme qui découvre que son mari la trompe? Nous avons cru bon de demander la «recette» à une très chère et très intelligente amie, familiarisée avec les fredaines de son mari.

«Si votre conjoint a une aventure passagère, ne cassez rien. Montrez-vous détachée, bien au-dessus de ces petites peccadilles, et il n’en sera que plus mortifié dans son orgueil de mâle», explique-t-elle.

«Ne tolérez pas les liaisons suivies. Si elles se poursuivent malgré tout, montrez-vous plus coquette que jamais. S’il est un tantinet observateur, il s’inquiétera, se demandera ce qui se passe. Son désir sera de nouveau attisé, mais accordez-lui vos faveurs avec réticence. C’est fou ce que les hommes, présumément peu compliqués, se mettent à chérir ce qu’ils ont peur de perdre. L’instinct de possession reprend le dessus et vous devriez, sans trop de mal, jusqu’à la prochaine alerte, reprendre la situation en main.»

«Vous pourrez aussi lui dire, avec un calme affecté, que vous ne voyez pas d’inconvénient à ce qu’il cherche ailleurs ses petites satisfactions. De votre côté, vous songez à meubler votre vie affective. Cette mise au point suscitera de sa part un certain nombre de questions angoissées, car il se dira qu’il est peut-être allé trop loin.»

«Au moment où il vous a rencontrée, il est possible qu’il ait cru que les questions matérielles vous laisseraient indifférente. Aucune femme n’est parfaitement désintéressée. Faites le compte des déboires que pourrait vous occasionner un départ, même si vous êtes furieusement décidée à ne pas bouger.»

«Il y a une rivale; ne lui cédez rien. Interrogez-vous. Sur quel plan vous bat-elle? Est-elle plus charmante dans l’intimité que vous ne l’êtes? Ses talents culinaires sont-ils supérieurs aux vôtres? S’exprime-t-elle sexuellement avec plus de brio? Vous seriez peut-être surprise d’apprendre que votre compagnon est lié passagèrement avec une fille que ne vous va pas à la cheville. Vous vous sentirez humiliée. Ne perdez pas votre sang-froid. Il vous faut revoir votre stratégie globale. Si plus rien ne réussit et si tous vos efforts coulent à pic, c’est vraiment qu’il n’y a plus rien. Mais préparez-vous à jouer le grand jeu avec toute la finesse dont vous êtes capable. Ayez confiance en vous! Souvenez-vous que, quelques années plus tôt, vous avez sans doute vaincu une rivale que vous n’aviez jamais vue.»

Betty Friedan 27 janvier 1980 lors d'une conférence sur la famille organisée par le gouverneur de NY. (Photographe: Marilyn K. Yee/New York Times Co./Getty Images)

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